La recrudescence des cas de rougeole observée ces derniers mois dans la région de Karawa, dans le Sud-Ubangi, suscite une vive inquiétude parmi les acteurs de santé. Longtemps considérée comme une maladie évitable grâce à la vaccination, la rougeole refait surface avec une intensité préoccupante, touchant particulièrement les populations les plus vulnérables. Cette résurgence met en lumière les failles persistantes dans la couverture vaccinale et l’accès aux soins de santé primaires.
Les données recueillies sur le terrain confirment cette tendance alarmante. Depuis la fin du mois de mars, une augmentation significative du nombre de cas a été enregistrée, traduisant une circulation active du virus dans plusieurs aires de santé. Les enfants restent les principales victimes, notamment ceux âgés de moins de cinq ans, dont le système immunitaire est encore fragile. À cette vulnérabilité s’ajoute souvent un contexte de malnutrition, aggravant les risques de complications graves.
Face à cette situation, la réponse médicale s’est rapidement organisée. Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé ses équipes dans les zones les plus touchées afin de renforcer la prise en charge des malades. L’organisation assure un traitement gratuit et adapté à tous les âges, incluant une attention particulière aux enfants souffrant de malnutrition associée. Cette approche intégrée permet de répondre à la complexité des cas rencontrés sur le terrain.
En parallèle de la rougeole, les équipes prennent également en charge les cas de paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, une autre pathologie endémique qui continue de peser lourdement sur le système de santé local. Cette double intervention souligne la nécessité d’une réponse globale face à des maladies souvent concomitantes et aux conséquences cumulatives.
Depuis le lancement des activités le 30 mars, six structures de santé appuyées par MSF ont été mises en place dans les zones les plus affectées. À ce jour, 1 478 cas de rougeole ont été traités, dont 184 associés à des cas de malnutrition. Par ailleurs, 2 192 cas de paludisme ont également été pris en charge. Ces chiffres illustrent à la fois l’ampleur des besoins et l’intensité de la réponse déployée.
Cette intervention s’inscrit en complément d’une campagne de vaccination de masse lancée le 21 avril par le ministère de la Santé. L’objectif est de freiner rapidement la propagation du virus en augmentant la couverture vaccinale, tout en réduisant le risque de nouvelles flambées. La combinaison du traitement des cas et de la prévention constitue aujourd’hui la stratégie la plus efficace pour contenir l’épidémie.
Malgré ces efforts, la situation reste préoccupante. La persistance de nouveaux cas montre que des défis importants subsistent, notamment en matière d’accès aux soins et de sensibilisation des communautés. À plus long terme, le renforcement durable du système de santé, l’amélioration de la couverture vaccinale et la surveillance épidémiologique seront essentiels pour éviter de nouvelles résurgences et mieux protéger les populations.
Teddy Gile




