La crise politique s’intensifie dans la province du Sud-Ubangi. L’Union sacrée de la Nation, à travers sa coordination provinciale, a officiellement retiré sa confiance au gouverneur suspendu, Michée Mobonga Lobo, marquant un tournant décisif dans les rapports entre les forces politiques locales et l’exécutif provincial.
L’annonce a été faite ce vendredi 20 mars 2026 lors d’une mobilisation organisée devant le bâtiment administratif de la Division provinciale de l’Agriculture, ex-PARSSA. Devant militants et cadres politiques, un mémorandum a été solennellement lu, actant la rupture entre la plateforme présidentielle et l’autorité provinciale suspendue.
Dans ce document adressé au Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, ces partis membres de l’Union sacrée dressent une liste de neuf griefs à l’encontre du gouverneur. Ils dénoncent notamment une gestion jugée incompatible avec les principes de gouvernance prônés par la majorité présidentielle.
Parmi les accusations principales figurent la rupture délibérée de la collaboration avec le Conseil provincial de l’Union sacrée, des actes répétés d’outrage envers l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi, ainsi qu’un mépris affiché à l’égard des autorités hiérarchiques nationales. Les signataires évoquent également un comportement conflictuel ayant contribué à installer un climat d’instabilité institutionnelle dans la province.
Lors de la lecture du mémorandum, Henry Lombangi, secrétaire exécutif ad intérim de l’Union sacrée du Sud-Ubangi, a insisté sur la nécessité de restaurer l’ordre institutionnel. Selon lui, la situation actuelle freine considérablement les efforts de développement et fragilise la cohésion politique locale.
Réagissant à cette démarche, le ministre provincial de l’Intérieur, assurant l’intérim du gouverneur, Gabby Mbombo Gibolo, a réceptionné le document. Il s’est engagé à le transmettre fidèlement à la hiérarchie nationale, laissant entendre que des décisions pourraient être prises dans les prochains jours au sommet de l’État.
Cette manifestation politique a réuni plusieurs partis membres de l’Union sacrée. Toutefois, l’absence remarquée du Mouvement de Libération du Congo, dirigé par Jean-Pierre Bsuscité des interrogations. Pour de nombreux analystes, cette séquence confirme que la figure de Michée Mobonga constitue désormais un point de blocage majeur pour le développement du Sud-Ubangi.
De notre correspondant à Gemena dans le Sud-Ubangi, Fiston Ngala Alexandre




