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Francophonie : pourquoi la RDC a intérêt à présenter la candidature d’Isidore Kwandja

La République démocratique du Congo a officiellement confirmé son intention de présenter un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique sensible, marqué par la volonté prêtée au Rwanda de soutenir un troisième mandat de Louise Mushikiwabo, une perspective qui suscite déjà débats et crispations au sein de l’espace francophone.

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple compétition de personnes. Il s’agit d’un choix stratégique visant à repositionner la RDC comme un acteur central de la Francophonie mondiale. Plus grand pays francophone, moteur démographique de l’espace francophone et carrefour culturel du continent africain, la RDC estime que le moment est venu de traduire ce poids naturel en leadership institutionnel. D’où la nécessité de présenter un profil solide, qui connaît les rouages de l’OIF et de la diplomatie francophone.

Dans cette perspective, le nom d’Isidore Kwandja Ngembo s’impose progressivement dans les cercles diplomatiques et francophones. Sans s’être déclaré candidat de manière personnelle — rappelant que seules les candidatures portées par les États sont recevables — l’actuel représentant de la RDC au Comité international des Jeux de la Francophonie n’a jamais caché sa disponibilité à servir si son pays juge qu’il est l’homme de la situation.

Son profil répond, point par point, aux critères exigés pour la fonction de secrétaire général de la Francophonie. Isidore Kwandja dispose des qualifications académiques solides et pluridisciplinaires, allant de l’économie du développement à la science politique, en passant par le droit international des droits de l’homme, l’administration publique et la gestion des organisations publiques. Une expertise rare, directement alignée sur les missions transversales de l’OIF.

À cela s’ajoute une longue expérience au sein de l’administration publique fédérale du Canada, où il a travaillé pendant près de vingt ans dans plusieurs ministères, notamment comme analyste des politiques publiques. Il a également été conseiller à la Direction Afrique centrale et occidentale du ministère canadien des Affaires étrangères, avec une connaissance approfondie des enjeux politiques et diplomatiques de plusieurs pays africains francophones.

Sur le plan des responsabilités officielles, si Isidore Kwandja n’a pas exercé les fonctions de chef d’État ou de ministre, il a assumé des charges comparables en termes de responsabilité et d’impact. Directeur national des IXes Jeux de la Francophonie, il a piloté un projet d’envergure internationale sous l’autorité directe du Chef de l’État et la supervision du Premier ministre, avec un budget dépassant celui de certains ministères.

L’organisation des Jeux de Kinshasa constitue d’ailleurs l’un de ses principaux faits d’armes. Menée dans un contexte logistique et sécuritaire complexe, cette édition est aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures de l’histoire de la Francophonie. Elle a valu à la RDC quatre prix internationaux de meilleur événement culturel de l’année 2023, tout en renforçant le rayonnement culturel, sportif et diplomatique du pays.

Au-delà de l’événementiel, Isidore Kwandja incarne une vision assumée d’une Francophonie économique, axée sur le développement, la jeunesse, la culture et les industries créatives. Sous son impulsion, la RDC a su capitaliser sur l’élan des Jeux pour accueillir plusieurs compétitions africaines et francophones, démontrant sa capacité à transformer les engagements francophones en actions concrètes et durables.

Son engagement au service des valeurs de la Charte de la Francophonie est également ancien. En 2017, il avait été mandaté par la secrétaire générale d’alors, Michaëlle Jean, pour accompagner le processus électoral en RDC, dans le cadre de l’appui de l’OIF à des élections transparentes et apaisées. Une mission sensible, menée avec professionnalisme, qui avait contribué à une passation pacifique du pouvoir.

Face aux débats sur la gouvernance de l’OIF et aux interrogations sur l’opportunité d’un troisième mandat à sa tête, la candidature d’Isidore Kwandja offrirait à la Francophonie une alternative crédible, expérimentée et fédératrice. Pour la RDC, ce choix serait à la fois un acte de souveraineté diplomatique et une affirmation claire de son ambition : celle de ne plus être seulement un pilier démographique de la Francophonie, mais l’un de ses architectes majeurs pour l’avenir.

Teddy Gile

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