Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement annoncé ce vendredi, à l’issue de la réunion du conseil des ministres à Kinshasa, que le pays présentera un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision stratégique marque une étape majeure dans l’affirmation diplomatique de la RDC au sein de l’espace francophone mondial.
La Francophonie, qui regroupe aujourd’hui 88 États et gouvernements autour de la langue française, joue un rôle politique, culturel et économique important sur la scène internationale. En tant que plus grand pays francophone au monde, la RDC possède des atouts démographiques et linguistiques incontestables, faisant d’elle un acteur clé dans la promotion et la défense de la langue et des valeurs francophones.
Au-delà de la langue, c’est la position géopolitique de la RDC , sa diversité culturelle et son poids démographique croissant qui renforcent sa légitimité à briguer la direction de l’OIF. Avec une population jeune et dynamique, le pays est perçu par certains analystes comme un vecteur potentiel de renouveau pour une Francophonie tournée vers la Paix, le développement durable et la coopération économique.
Pour Kinshasa, obtenir le poste de secrétaire général ne serait pas qu’une consécration symbolique : c’est aussi un moyen d’influencer davantage les orientations politiques et stratégiques de l’organisation , de renforcer la solidarité entre pays francophones et de promouvoir des agendas de développement qui répondent aux défis contemporains, notamment ceux auxquels la RDC fait face dans l’Est du pays.
Une victoire congolaise à la tête de l’OIF pourrait également redynamiser la coopération francophone en mettant l’accent sur l’éducation, l’innovation, l’intégration économique et la gestion des crises sociopolitiques. Nombre d’experts estiment que la présence d’un secrétaire général issu d’un pays africain francophone de grande envergure comme la RDC renforcerait les voix africaines et encouragerait des approches plus inclusives face aux défis mondiaux.
Cependant, cette candidature intervient dans un contexte où la Francophonie traverse aussi des débats sur son rôle réel et son efficacité, parfois critiquée pour sa gestion ou son manque de réponses claires aux crises politiques. Certains observateurs ont même suggéré que des réformes profondes de l’organisation sont nécessaires pour qu’elle reste pertinente à l’échelle globale.
Qu’adviendra-t-il de la Francophonie avec ou sans une RDC pleinement engagée ?
Sans la participation active de la RDC, certains spécialistes estiment que l’organisation manquerait d’une des voix démographiquement et culturellement les plus significatives de l’espace francophone. À l’inverse, si Kinshasa joue pleinement son rôle, cela pourrait ouvrir une nouvelle ère de coopération diplomatique renforcée, d’intégration économique africaine et de promotion de la langue française dans un monde en profonde mutation.
Teddy Gile




