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ESSENTIEL INFO

Dialogue pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC : voici ce que promet l’axe Luanda–Kinshasa.

Deux voyages successifs à Luanda en l’espace de quelques jours. Un agenda resserré, des échanges à huis clos et, surtout, une intensité diplomatique inhabituelle. En se rendant à deux reprises en Angola, le président Félix Tshisekedi n’a pas seulement multiplié les consultations protocolaires avec son homologue João Manuel Gonçalves Lourenço : il aurait enclenché une séquence politique décisive autour du retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon plusieurs sources concordantes, ces déplacements cachent une initiative structurée, pensée comme un tournant dans la gestion du conflit.

Au cœur des discussions de Luanda, Félix Tshisekedi aurait présenté une proposition détaillée de relance d’un dialogue inclusif, destiné à répondre à l’enlisement sécuritaire dans l’Est du pays. L’idée centrale : sortir d’une logique exclusivement militaire pour ouvrir un cadre politique maîtrisé, capable de désamorcer les tensions internes et régionales. L’Angola, fort de son expérience diplomatique et de sa position dans la sous-région, serait pressenti comme médiateur principal du processus, tandis que Kinshasa accueillerait les assises proprement dites.

Fait notable, les Églises ne seraient pas marginalisées, mais leur rôle serait strictement encadré. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) auraient été associées aux échanges préparatoires, sans toutefois se voir confier l’organisation du dialogue. Selon nos informations, le pilotage resterait résolument politique et diplomatique, sous la supervision directe des chefs d’État concernés, afin d’éviter les dérives observées lors de précédentes initiatives similaires.

Sur le plan sécuritaire, le président congolais aurait posé une ligne rouge claire à Luanda : pas de dialogue sans cessez-le-feu préalable. Félix Tshisekedi aurait exigé une proclamation formelle de cessation des hostilités par l’AFC/M23, condition sine qua non à l’ouverture effective des discussions. Plus sensible encore, l’évaluation du respect de ce cessez-le-feu relèverait exclusivement de la présidence congolaise, une manière d’affirmer la souveraineté de Kinshasa dans la conduite du processus.

Dans une logique de décrispation politique, le chef de l’État aurait également évoqué la possibilité de libérations ciblées de détenus, examinées au cas par cas. Ce geste, présenté comme un signal d’apaisement, viserait à créer un climat plus favorable au dialogue sans pour autant ouvrir la porte à une amnistie générale. Une approche prudente, calibrée, qui traduirait la volonté de concilier ouverture politique et fermeté institutionnelle.

Mais les révélations les plus sensibles auraient concerné l’état interne des Forces armées congolaises. Félix Tshisekedi aurait confié à João Lourenço que certains officiers des FARDC se comporteraient comme de véritables traîtres, compromettant les opérations sur le terrain. Cette situation expliquerait, selon lui, les arrestations récentes au sein de l’armée, présentées non comme une purge politique, mais comme une réponse à des actes de collusion et de sabotage.

L’axe Kinshasa–Luanda semble ainsi avoir posé les bases d’une nouvelle architecture de paix, mêlant dialogue conditionnel, médiation régionale et reprise en main de l’appareil sécuritaire. Reste une inconnue majeure : la réaction des acteurs armés sur le terrain et la capacité de cette initiative à se traduire en actes concrets. Une chose est sûre toutefois : derrière ces voyages répétés en Angola, Félix Tshisekedi joue une partie décisive, où la paix dans l’Est pourrait dépendre autant des négociations diplomatiques que des équilibres internes au pouvoir congolais.

Teddy Gile 

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