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RDC–Chine : une coopération économique de profondeur, au-delà du commerce

La coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Chine repose sur des fondements plus solides que de simples échanges commerciaux. C’est l’analyse livrée par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, lors d’un entretien accordé à Xinhua à Kinshasa. Selon lui, la longévité du partenariat sino-congolais s’explique par sa profondeur humaine, culturelle et historique, qui en fait une relation durable et résiliente.

Revenant d’une mission officielle en Chine, dans la province orientale du Zhejiang, le ministre a partagé les enseignements tirés de sa participation à un forum sino-africain sur le commerce et la culture. Sa visite d’universités, d’entreprises et de plateformes commerciales lui a permis d’observer de près un modèle de développement fondé sur l’ouverture économique, l’innovation et l’intégration aux marchés mondiaux.

Daniel Mukoko Samba s’est particulièrement attardé sur la ville de Yiwu, qu’il a qualifiée de « supermarché du monde ». À ses yeux, cette plateforme commerciale illustre concrètement les bénéfices de l’ouverture économique : dynamisation de la production, attractivité pour les investisseurs et intégration de millions d’acteurs économiques. Yiwu incarne aussi, selon lui, un espace d’échanges culturels, où le commerce devient un vecteur de dialogue entre les peuples.

Sur le plan bilatéral, le vice-Premier ministre a tenu à rappeler que si le secteur minier demeure un pilier important de la coopération sino-congolaise, il n’en constitue pas l’unique dimension. Il a mis en avant le potentiel agricole considérable de la RDC, soulignant que le pays dispose de terres, d’eau et de climat favorables pour devenir une puissance agricole régionale. Le défi majeur, selon lui, réside dans le renforcement de la recherche agronomique et du transfert de technologies.

Dans le domaine des infrastructures, Daniel Mukoko Samba a salué les résultats concrets de la coopération avec la Chine. Les projets de rocades urbaines en cours à Kinshasa, réalisés par des entreprises chinoises, sont appelés à transformer durablement la mobilité urbaine, la fluidité du transport et l’attractivité économique de la capitale congolaise.

L’industrialisation constitue un autre axe stratégique du partenariat. Le ministre a indiqué que la RDC cherche à sortir de sa dépendance aux exportations de matières premières en développant une production locale à plus forte valeur ajoutée. L’implication d’entreprises chinoises dans des activités industrielles et manufacturières s’inscrit dans cette vision, qu’il résume par une ambition symbolique : faire émerger « un petit Yiwu à Kinshasa ».

Évoquant l’histoire des relations entre les deux pays, Daniel Mukoko Samba a insisté sur la notion de coopération « de profondeur ». Il a rappelé le souvenir marquant des missions agricoles chinoises, présentes dans les zones rurales congolaises bien avant l’intensification des échanges commerciaux. Ces techniciens vivaient au contact direct des communautés locales, transmettant des savoir-faire agricoles, notamment dans la riziculture, laissant selon lui des empreintes durables encore visibles aujourd’hui.

Enfin, le vice-Premier ministre a souligné que l’expérience chinoise en matière de croissance économique et de réduction de la pauvreté constitue une source d’inspiration pour la RDC. Dans un contexte où l’économie chinoise demeure un moteur majeur de la croissance mondiale, la coopération sino-congolaise s’inscrit, selon lui, dans une vision de long terme visant à accompagner la transformation structurelle de l’économie congolaise et à promouvoir une prospérité partagée.

Teddy Gile 

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