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Nouvelle injection de 322 milliards CDF sur le marché par la Banque Centrale du Congo : geste salutaire ou pari risqué ?

Dans un contexte de pression économique et de forte demande de liquidités à l’approche des fêtes, la Banque Centrale du Congo (BCC) a opéré une manœuvre stratégique : l’injection nette de 322,5 milliards de Francs congolais (soit environ 145 millions USD) sur le marché monétaire. Cette opération, réalisée via les Bons BCC, vise à soutenir le système bancaire et à fluidifier les échanges en période de forte consommation. Mais derrière cette injection se cachent des enjeux économiques complexes.

Traditionnellement, la fin d’année est marquée par une hausse des besoins en liquidités : paiements de salaires, primes, achats massifs des ménages, et dépenses exceptionnelles des entreprises. En agissant ainsi, la BCC veut éviter un resserrement monétaire brutal susceptible d’étouffer la consommation et de ralentir l’activité économique. Cette injection massive vise donc à prévenir une crise de liquidité qui pourrait fragiliser davantage une économie déjà éprouvée par les tensions régionales et les pressions inflationnistes.

Sur le plan bancaire, cette intervention permet de stabiliser le marché interbancaire. Les établissements de crédit, souvent confrontés à une baisse des réserves à cette période, peuvent ainsi disposer de ressources supplémentaires pour financer les crédits à court terme et répondre aux demandes de retraits massifs. Cela redonne un peu d’oxygène aux banques commerciales, qui retrouvent une certaine capacité à soutenir l’économie réelle à travers le crédit.

Mais cette injection n’est pas sans risques. Un afflux massif de liquidités dans un contexte de faible capacité de production peut alimenter l’inflation si l’offre de biens et services ne suit pas. En d’autres termes, plus d’argent en circulation sans augmentation de la production peut accentuer la flambée des prix, déjà ressentie par les ménages. Il revient donc à la BCC de surveiller étroitement les effets de cette manœuvre et d’intervenir à nouveau si la stabilité des prix est menacée.

À moyen terme, cette politique de gestion active de la liquidité doit s’inscrire dans une stratégie plus large de relance de l’économie. Injecter de la monnaie en fin d’année peut avoir un effet psychologique positif sur les agents économiques, renforcer la confiance dans le système bancaire, et soutenir la consommation. Mais sans un encadrement rigoureux, elle peut aussi accroître les déséquilibres macroéconomiques.

L’efficacité de cette opération dépendra donc de la capacité de la BCC à équilibrer ses interventions : maintenir une liquidité suffisante sans dérégler la stabilité monétaire. En ce sens, l’utilisation des Bons BCC, instruments de régulation à court terme, apparaît comme une solution souple, permettant d’ajuster rapidement le niveau de liquidité en fonction des fluctuations économiques.

En conclusion, cette injection de 322,5 milliards CDF s’apparente à une bouffée d’air frais pour l’économie congolaise, à condition qu’elle soit accompagnée d’une politique de suivi rigoureuse et d’un environnement économique capable d’absorber cette liquidité. Plus qu’un simple geste monétaire, il s’agit d’un signal fort de la volonté des autorités de soutenir la résilience économique en période critique. Sous le leadership de l’actuel Gouverneur André Wameso, la BCC a engagé des réformes qui impactent clairement l’économie et cette nouvelle mesure est scrutée de près par les acteurs du secteur économique qui croient en sa capacité d’impulser une bonne dynamique surtout dans la dépréciation de la devise étrangère plus particulièrement le dollars au profit de l’appréciation du Franc Congolais. 

Teddy Gile

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