Dans un tournant majeur pour la circulation en République Démocratique du Congo, le Président Félix Tshisekedi a ordonné, par le biais du vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, l’interdiction immédiate de l’usage des sirènes, gyrophares et feux multicolores sur toute l’étendue du territoire national. Une décision qui concerne aussi bien les particuliers que les officiels, y compris ceux bénéficiant habituellement d’une escorte.
Cette mesure radicale intervient dans un contexte de dérives croissantes sur les routes congolaises, où de nombreux véhicules, parfois non autorisés usurpent les signes sonores et lumineux réservés aux services d’urgence. La cacophonie urbaine qui en résulte, combinée à un sentiment d’impunité, alimente le désordre et la confusion dans la circulation, particulièrement dans des villes comme Kinshasa.
Cette mesure saluée par une partie de la population sur les réseaux sociaux comme un geste fort vers la normalisation de l’espace public. Elle reste cependant conditionnée à son application effective sur le terrain et à savoir si les forces de l’ordre seront suffisamment outillées et engagées pour la faire respecter sans distinction ni exception.
Selon le Vice-Premier Ministre Shabani, cette interdiction vise à « restaurer l’ordre public » et à « encadrer strictement les pratiques de circulation ». L’objectif est double : mettre fin à l’anarchie routière et rappeler que la loi est la même pour tous, même pour les détenteurs de fonctions publiques. Ce retour à la discipline sur la voie publique entend également renforcer la crédibilité de l’État dans la régulation de l’espace urbain.
Il est reproché à certains officiels et civils fortunés de faire un usage abusif de ces dispositifs sonores et lumineux pour éviter les embouteillages ou intimider les autres usagers de la route. Résultat : le prestige de l’escorte est galvaudé, la sécurité publique fragilisée, et les services d’urgence eux-mêmes parfois confondus ou entravés.
La décision entend également rétablir une certaine égalité dans l’usage de la voie publique, en mettant fin au sentiment de privilège qui entoure les convois officiels. Désormais, le respect du code de la route redevient la règle, et seules les forces de sécurité, ambulances et pompiers seront autorisés à user de ces dispositifs en cas d’urgence réelle. Le gyrophare, c’est pour les urgences, pas pour gagner du temps.
Teddy Gile




