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Frappé d’interdiction sur toute l’étendue du territoire : que va devenir le PPRD de Joseph Kabila ?

Coup de tonnerre dans la sphère politique congolaise : le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation emblématique de l’ex-président Joseph Kabila, a été suspendu officiellement par une décision de justice. Déjà affaibli par une suspension administrative prononcée par le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani, le parti encaisse désormais un coup judiciaire, qui interdit toute activité politique sur l’ensemble du territoire national.

La décision, signée par le greffier du Tribunal de Grande Instance de la Gombe, prend effet dès le 27 octobre. Privé de siège, d’adresse officielle et de toute existence administrative légale, le PPRD est désormais contraint à l’ombre. Cette mesure marque une nouvelle phase de la guerre larvée entre les institutions actuelles et l’héritage politique de l’ancien régime.

La réaction du camp Kabila n’a pas tardé. Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti et fidèle parmi les fidèles, a vivement contesté cette décision : « Cette suspension n’engage pas le PPRD. Nos activités continuent dans le strict respect des lois de la République et de la Constitution. » Un défi lancé à la justice, mais aussi un signal clair : le PPRD refuse de disparaître sans combat.

Reste que la question cruciale demeure : que peut réellement faire le PPRD dans ces conditions ? Privé de base légale, toute mobilisation ou action publique risque de tomber sous le coup de la loi. La marge de manœuvre devient étroite, et les risques juridiques pour ses cadres plus élevés que jamais.

À moins d’un revirement juridique, d’un recours ou d’une solution politique inattendue, le parti devra désormais évoluer dans un espace semi-clandestin, ou tenter une mutation profonde, quitte à changer de nom, de structure ou de visage. Une stratégie de contournement que d’autres formations dans l’histoire congolaise ont déjà expérimentée.

Cette décision, inédite à l’encontre d’un parti qui a dirigé la RDC pendant 18 ans, redéfinit les équilibres politiques à l’approche des prochaines échéances. Elle soulève aussi des inquiétudes sur l’état du pluralisme politique et le traitement réservé aux anciennes figures du pouvoir. Joseph Kabila, jusque-là silencieux, pourrait bientôt sortir de sa réserve.

Une chose est sûre : la suspension du PPRD ouvre un nouveau chapitre, à la fois judiciaire et politique. Reste à savoir si ce sera le crépuscule définitif d’un parti historique… ou le début d’une longue guérilla institutionnelle.

Teddy Gile

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