Si vous pensiez que la rentrée scolaire était mouvementée, attendez de voir la rentrée parlementaire en République Démocratique du Congo. Ce lundi, l’hémicycle du Palais du Peuple a troqué son atmosphère solennelle pour celle d’un véritable théâtre politique où les scènes d’excuses publiques ont côtoyé les velléités de rébellion interne.
En vedette : Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, qui a tenté une prière politique publique en demandant pardon à ses collègues. Un geste noble ? Peut-être. Suffisant ? Visiblement pas.
En effet, pendant que l’ancien patron de l’économie congolaise déroulait son monologue d’humilité et de « cohésion institutionnelle », dans les coulisses, les pétitionnaires préparaient leur coup.
Ces députés frondeurs, en quête de justice – ou d’un meilleur fauteuil, allez savoir – se sont rués vers l’administration de l’Assemblée pour déposer leur pétition comme on déposerait une bombe à retardement : calmement, mais avec l’œil brillant.
Le peuple, lui, observe tout cela depuis les taxis, les marchés et les files d’attente devant les écoles délabrées. Il rit jaune, parfois. Il soupire, souvent. Et il comprend que tant que les débats porteront plus sur les émoluments que sur l’éducation, la santé ou la sécurité, rien ne changera vraiment.
Mais en attendant, la session parlementaire de septembre est bien lancée. Avec du suspense, des rebondissements et peut-être, à l’épisode suivant, un nouveau bureau. Bref, du divertissement national financé par les fonds publics.
La scène ressemblait à un épisode de téléréalité politique : d’un côté, un président de l’Assemblée qui joue la carte du pardon chrétien ; de l’autre, des élus qui comptent chaque signature comme on compte des billets verts. Il faut dire qu’avec une dotation mensuelle de 350 000 dollars pour le patron de l’hémicycle, l’indulgence a ses limites, et la tentation… ses pétitionnaires.
Entre deux poignées de main hypocrites, les tensions ont frisé la bagarre. On a vu des regards qui tuaient, des poignets qui s’échauffaient et des gardes du corps qui avaient déjà les mains dans les poches, prêts à intervenir. La démocratie, façon RDC : un mélange de théâtre grec, de film d’action et de sitcom politique.
Car derrière ces gesticulations, c’est tout un système qui s’exhibe. Un système où l’on s’acharne plus à garder ou prendre un poste qu’à faire voter une loi. Où l’on se bat pour l’enveloppe, pas pour l’électeur. Où un siège à l’Assemblée est parfois plus lucratif qu’un portefeuille ministériel, sans les tracas de la responsabilité.
Le peuple, lui, observe en entendant le prochain rebondissement!
Teddy Gile




