Dans un nouveau rebondissement judiciaire, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de près de 19 millions USD dans le cadre d’un projet de construction de prisons à Kisangani, a demandé, par le biais de ses avocats, la comparution de plusieurs hautes personnalités congolaises. Cette démarche soulève des interrogations sur la stratégie de sa défense et les implications potentielles pour les institutions de la République.
1. Une requête symbolique ou tactique ?
La défense de Mutamba estime que certaines personnalités détiennent des informations clés pouvant éclairer la procédure. Elle a donc sollicité la comparution entre autre de la Première ministre Judith Suminwa, de l’ancien Inspecteur général des finances Jules Alingete et du ministre d’État aux Infrastructures Alexis Gisaro.
2. Une affaire d’intérêt général
Selon les avocats, la gestion du projet de construction des prisons était collective, coordonnée entre plusieurs ministères et institutions de contrôle. Ils arguent que Mutamba, en tant qu’ancien ministre de la Justice, n’agissait pas de manière isolée, et que toutes les procédures passaient par plusieurs validations.
3. L’objectif : démontrer l’existence d’une chaîne de responsabilités
Cette demande vise à établir une coresponsabilité dans la chaîne de décisions ayant mené au décaissement des fonds. Pour la défense, si des irrégularités ont existé, elles ne peuvent être imputées à une seule personne.
4. Le cas Alingete et l’IGF
Concernant l’Inspecteur général des Finances Jules Alingete, les avocats estiment qu’il est au cœur du dossier. La défense souhaite confronter ses conclusions, jugées sélectives et partiales, et contester la régularité des audits produits.
5. Une procédure sensible, aux relents politiques
Cette demande de comparution, inhabituelle dans ce type de procès, est aussi interprétée par certains comme une manœuvre pour politiser davantage l’affaire. Mutamba qui n’a cessé de crier à la cabale politique, soutient que son inculpation est motivée par des raisons extra-judiciaires et c’est l’occasion de le prouver.
6. L’attitude du ministère public attendue
La balle est désormais dans le camp de la Cour de cassation et du ministère public, qui devront statuer sur l’opportunité d’entendre ces personnalités. Une décision qui pourrait bouleverser le rythme du procès et son issue car le ministère public tient aussi à entendre plusieurs personnalités comme témoins.
7. Un procès sous haute surveillance
Ce dossier devient progressivement un révélateur de l’état de la justice congolaise, de ses pressions internes, mais aussi de sa capacité à trancher avec impartialité dans des affaires mêlant politique, finances publiques et pouvoir.
Les personnalités réclamées à comparaître par Mutamba à travers ces avocats sont: le chef de division provinciale de la Justice à kisangani, la première ministre Judith Suminwa, l’ancienne Ministre de la Justice Rose Mutombo, le Secrétaire exécutif de Cenaref, Jules Alingete, le Ministre des ITPR, le Chef de département du génie civil de UNIKIN, le Patron du guichet unique, l’actuel Inspecteur de l’IGF et le Ministre des sports.
La prochaine audience est fixée au 4 août prochain… Cette fois-ci, avec des témoins.
Teddy Gile




