Luanda, la capitale angolaise est devenue le théâtre de violents troubles, après qu’une manifestation pacifique de chauffeurs de transport s’est transformée en une révolte plus large contre le pouvoir en place. À l’origine du mouvement : un décret gouvernemental entraînant une hausse brutale du prix des carburants, jugée insupportable par une population déjà éprouvée par la vie chère.
Ce qui devait être un simple rassemblement de protestation s’est rapidement mué en colère généralisée contre le MPLA, le parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays. Des manifestants ont brûlé des affiches et panneaux publicitaires à l’effigie du président João Lourenço, symbole, selon eux, d’une gouvernance sourde aux revendications du peuple.
La grogne a dégénéré en scènes de pillages dans plusieurs quartiers de Luanda. Des boutiques, des stations-service et même des bureaux administratifs ont été pris pour cible, forçant les forces de l’ordre à intervenir avec des gaz lacrymogènes et des arrestations musclées.
Les autorités n’ont, pour l’heure, pas communiqué de bilan officiel, mais plusieurs vidéos et témoignages sur les réseaux sociaux évoquent des blessés parmi les manifestants et les policiers. La tension reste palpable dans la capitale, avec une forte présence militaire signalée dans certains axes stratégiques.
Cette explosion de colère populaire révèle un mécontentement profond qui dépasse la seule question des carburants. De nombreux jeunes, chômeurs ou précaires, ont rejoint les rangs des protestataires, dénonçant la corruption, l’injustice sociale et l’absence de perspectives.
Le gouvernement, confronté à une pression croissante, devra choisir entre le durcissement sécuritaire ou l’ouverture au dialogue pour apaiser la rue. Mais pour de nombreux Angolais, le temps des discours semble révolu.
Le pays retient son souffle, alors que Luanda s’enflamme sous le poids d’un ras-le-bol généralisé.
Teddy Gile




