L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, comparait ce mercredi devant le juge instructeur à la Cour de cassation. Une comparution très attendue, marquant une étape décisive dans le dossier judiciaire qui le vise depuis plusieurs semaines.
Cette audience signe l’ouverture de l’instruction de fond, deux semaines après une première comparution le 9 juillet dernier. À l’époque, l’audience s’était limitée à des échanges sur les aspects procéduraux du dossier, sans entrer dans les faits. Cette fois, le juge instructeur a commencé à examiner le fond des accusations.
Constant Mutamba est poursuivi pour un détournement présumé d’environ 19 millions de dollars américains. Ces fonds étaient destinés à la construction de plusieurs établissements pénitentiaires à Kisangani, dans le nord-est du pays, un projet stratégique initié sous son mandat à la tête du ministère de la Justice.
L’ancien ministre est assisté par un impressionnant collectif d’une vingtaine d’avocats, signe de l’importance politique et judiciaire de l’affaire. Ses conseils dénoncent une instrumentalisation de la justice et affirment que leur client est la cible d’un règlement de comptes politique. Ils réclament que les garanties d’un procès équitable soient pleinement respectées.
Du côté de la Cour de cassation, peu d’éléments filtrent. L’instruction devrait s’étendre sur plusieurs semaines, avec des auditions attendues de hauts fonctionnaires et entrepreneurs impliqués dans le projet.
Cette affaire intervient dans un climat de tension politique en RDC, où plusieurs anciens membres du gouvernement sont actuellement visés par des enquêtes ou procédures judiciaires. Pour les autorités, il s’agit de réaffirmer l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption.
Pour l’instant, Constant Mutamba n’a pas fait de déclaration publique. Mais son entourage affirme qu’il est « prêt à se défendre point par point » et « à faire toute la lumière » sur les accusations portées contre lui.




