L’adoption par le Canada de sa nouvelle « Stratégie pour l’Afrique : un partenariat pour une prospérité et une sécurité partagées » ouvre une fenêtre unique pour redéfinir les relations économiques et diplomatiques entre Ottawa et Kinshasa. Dans ce contexte, la République démocratique du Congo apparaît comme un partenaire clé, riche en ressources, stratégique par sa position géographique et résolument tournée vers les réformes économiques.
Au cœur de cette politique, le Canada souhaite intensifier les échanges commerciaux, soutenir l’emploi des jeunes, favoriser la stabilité régionale, et surtout, collaborer plus étroitement avec les communautés de la diaspora africaine. Pour la RDC, il s’agit d’une opportunité de traduire ses ressources naturelles en richesse transformée localement, en infrastructures modernes, en emplois qualifiés et en croissance inclusive.
L’idée d’une Commission économique RDC–Canada se présente dès lors comme un levier structurant. Une telle plateforme permettrait d’identifier les secteurs porteurs (mines, énergie, environnement, infrastructures), d’assurer la transparence des investissements, et d’encourager les coentreprises et transferts de technologie. Elle pourrait également canaliser des initiatives de partenariat public-privé, dans la logique du « Deal RDC-USA ».
Le Canada, fort de son expertise dans la gestion durable des ressources et son attachement aux normes environnementales, pourrait contribuer à moderniser les chaînes de valeur en RDC, notamment dans le domaine du cobalt, du cuivre ou encore du lithium. La transformation locale des minerais en produits semi-finis ou finis serait ainsi encouragée, réduisant la dépendance aux exportations brutes.
De plus, les complémentarités économiques entre les deux pays sont nombreuses. Tandis que la RDC dispose d’immenses potentialités en terres arables, en forêts, en eaux et en minéraux stratégiques, le Canada peut offrir son savoir-faire technologique, son financement, et son réseau d’entreprises en quête de nouveaux marchés stables.
Il est tout aussi essentiel d’impliquer activement la diaspora congolaise au Canada dans l’élaboration et la mise en œuvre de cette dynamique. Cette diaspora, souvent bien formée et connectée aux deux pays, peut jouer un rôle de catalyseur dans les investissements, le transfert de compétences et la construction de ponts culturels.
Le Canada veut miser sur l’Afrique. À la RDC d’en faire un véritable tremplin pour son industrialisation, à condition d’aligner ses priorités, d’assurer la gouvernance et d’impliquer tous ses fils, y compris ceux de la diaspora. »




