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Kenya : L’opposition réclame la démission de William Ruto après ses propos incendiaires

La tension politique est montée d’un cran au Kenya. Les leaders de l’opposition ont exigé, ce lundi, la démission immédiate du président William Ruto, à la suite de ses propos jugés choquants et inconstitutionnels sur la répression des manifestations. Ces déclarations, qui ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué une onde de choc dans le pays, sont perçues comme une incitation à la violence d’État.

Tout est parti d’un discours prononcé par le chef de l’État la semaine dernière. « Quiconque met le feu aux commerces et aux biens de quelqu’un, doit recevoir une balle dans la jambe, être conduit à l’hôpital et traduit en justice. Ne les tuez pas, mais cassez leur la jambe », a-t-il lancé devant les caméras, en réponse aux émeutes qui ont secoué plusieurs villes du pays. Une sortie qui a immédiatement soulevé un tollé.

L’opposition, emmenée par Raila Odinga et d’autres figures majeures, a dénoncé une « dérive autoritaire gravissime », accusant Ruto de violer les principes fondamentaux de la Constitution kényane et des droits humains. Dans un communiqué commun, ils appellent à sa démission ou à une procédure de destitution.

Ces propos surviennent dans un contexte de fortes tensions sociales, alimentées par le rejet de réformes économiques impopulaires et la colère de la jeunesse face au coût de la vie. Plusieurs manifestations ont été durement réprimées, faisant des dizaines de blessés et alimentant le sentiment d’injustice.

Les associations de défense des droits humains, locales et internationales, se sont également jointes à la critique. Human Rights Watch et Amnesty International ont rappelé que « la force létale ou mutilante ne peut être utilisée que dans des circonstances exceptionnelles », appelant Nairobi à revenir au dialogue.

De son côté, la présidence kényane tente de calmer le jeu, évoquant des propos « mal interprétés », tout en assurant que les forces de sécurité continueront à agir « dans le strict respect de la loi ». Une déclaration qui peine à convaincre les détracteurs de Ruto.

Alors que le pays s’enfonce dans une crise politique de plus en plus explosive, l’opposition promet d’intensifier la pression par de nouvelles manifestations dans les prochains jours. Le président Ruto, lui, reste ferme… pour l’instant.

Teddy Gile

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